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l'instant sur le pont

(sud, Seine-et-marne)

Ajoutée le: Samedi, 08 Octobre, 2011  18:12
Mise à jour le: Jeudi, 31 Mai, 2012  03:41
S'efface le: Dimanche, 07 Octobre, 2012  18:12
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l'instant sur le pont

Livres aussi dans la presse :

Le crin et le fusain
A l’occasion du premier festival de Prades en 1950, le peintre Balbino Giner García (le grand-père de l’auteur) a réalisé environ 150 portraits de Pablo Casals et de divers membres de l’orchestre. « Ils ne se connaissaient pas. Pas encore en tout cas et sans l’amertume d’un exil forcé au nord des Pyrénées, sans l’entremise de quelque relation féminine commune, ils ne se seraient peut-être et sûrement jamais rencontrés. C’est dans le petit restaurant du village qu’il lui a demandé de faire son portrait. Celui des musiciens de l’orchestre aussi.  Le matin de son rendez-vous avec Casals, mon grand-père se rendit à Prades en autobus. Il n’avait jamais passé son permis de conduire et avait pour habitude de sillonner les rues de Perpignan ou les petites routes du département avec son vélomoteur, engin vétuste qui n’excédait jamais 20 ou 25 km/h. Parfois, il se faisait transporter en 2CV ou prenait l’autobus en gare routière de Perpignan, non loin de la désormais célèbre gare SNCF arbitrairement déclarée Centre du monde par un autre peintre, catalan lui aussi, beaucoup plus connu, beaucoup plus riche, beaucoup plus franquiste aussi. » Bruno Giner est compositeur. Prix Hervé Dugardin (décerné par la Sacem en 1998), il a signé une cinquantaine d’œuvres instrumentales ou vocales composées pour diverses formations de chambre, chorales ou orchestrales. Il dirige la collection « Carnets du 21e Siècle » aux Éditions François Dhalmann et collabore depuis de nombreuses années à différentes revues musicales, encyclopédies ou labels discographiques et signe plusieurs livres dont deux sont consacrés à la musique sous le III° Reich.    
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La Philosophie dans le boudoir
  La philosophie dans le boudoir fait partie de ces livres dont tout le monde parle sans jamais les avoir lus. Il est de bon ton d’enfiler la redingote du Divin Marquis, de prendre des airs de sinistre gentilhomme et de répandre deci delà que Sade reste d’actualité. Encore et toujours. Certes, la cause est entendue. Sade, c’est pour les rebelles. Les insoumis de la colonne de Juillet. Les guerrilléros du dimanche. Et cela, si on s’en tient aux premières impressions d’une lecture hâtive : Sade, un mélange de porno et de philo. Mais l’effroi s’empare du lecteur, à une lecture plus attentive. Pourquoi? Car, La philosophie dans le boudoir , est une machine de guerre contre bien-pensants. Une mécanique fatale et impitoyable à broyer de la pensée unique. Pour fabriquer des forces vives. Que Sade nous apprend-t-il de la pauvreté? Une excuse que les faibles aiment bien donner à leur langueur; et la peine de mort alors? Une absurdité. Non parce qu’elle serait une insulte aux droits de l’homme, mais qu’elle se livre comme apanage de l’Etat sur l’individu. En somme, Sade lui préfère la justice directe, qui ne fait guère bon ménage avec une quelconque législation. Et ce qui choque, c’est plus la violence d’une philosophie à laquelle rien ne prépare, que la cruauté de scènes d’amour “sadiques”. L’édition ici proposée reprend celle de 1795. L’œuvre s’y donne dans toute sa polyphonie : tantôt “nouvelle”érotique, puis pièce de théâtre à huis clos et enfin dissertation philosophique. On retrouve même le genre du pamphlet politique avec le célèbre texte “Français, encore un effort pour devenir républicains”, où l’ironie de Sade fouette tous-azimuts, à la gauche comme à la droite du Roi... Œuvre réservée à des lecteurs avertis et endurcis au politiquement incorrect.
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La Peau de chagrin
  La Peau de chagrin fait partie de ces livres que l’on devrait porter avec soi en toute heure. Car à eux seuls, ils comblent nos deux grandes aspiration littéraires : divertir et donner à penser. Amuser et cogiter. Enchanter la raison qui rumine alors les raisons de son ivresse.    Le canevas balzacien ne fait guère dans l’originalité : un jeune homme au bord du suicide fait un pacte avec le diable. Et pourtant, ce lieu commun accède, sous la plume de Balzac, à une dimension universelle, lorsqu’il oblige chaque lecteur à s’identifier avec Raphael, le héros. Se prendre pour Faust relevait du grand écart littéraire : les apparitions de Méphistophélès se multipliaient, les invraisemblances également et pour courroner l’ensemble, Faust rencontrait l’empereur et se mariait avec Hélène de Troie... Dans La Peau de chagrin , par une sorte de gravitation, nous sommes attirés dans les arcanes du réalisme, au sein même d’une intrigue fantastique à souhait. Contrairement à Faust, Raphael parle notre langue, se pose nos problèmes - le bonheur, la richesse, le désir, séduire - en des termes humains - rien ne distingue la fameuse peau d’une fortune qu’on hériterait puis, dilapiderait. Ce mélange entre réalisme cruel et romantisme noir permet à l’auteur de jeter le lecteur dans un abîme angoissant où le vraisemblable le dispute au frisson de terreur. Mais ce que nous lance à la figure ce jeune roman de Balzac, c’est la question philosophique du désir, que décortique avec fureur le penseur Schopenhauer, à la même époque, dans son livre-monument Le Monde comme volonté et comme représentation . Et cette interrogation n’a jamais été aussi réaliste qu’en ce début de XXIe siècle, où notre désir constitue la clé de voûte de nos sociétés de consommation. Où même les plus contestaires d’entre nous se retrouvent cloués au pilori de leur propres anathèmes : le Che Guevara finit ses jours sur des t-shirts... Comme si Balzac avait prévu les faiblesses de notre modernité. Vous pensiez avoir mis un terme à l’Histoire par l’avènement des sociétés démocratiques, de la citoyenneté globale, de la mondialisation des droits de l’homme?! Détrompez-vous, le pire est à venir. Croyant porter un coup fatal aux vices de l’humanité, nous avons travaillé sourdement à leur dilatation. Comme si chacun de nos désirs venait grossir les rangs de notre corruption. Une peau de chagrin... en expansion.   La présente édition reprend celle d’Edmond Werdet, en 1834, dans Les Etudes philosophiques.   Ce livre s’adresse à tous ceux qui croient au progrès et à la modernité. Ecoutez la leçon de Balzac. Au propre comme au figuré.
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